Louis Riel et l'insurrection du Nord-Ouest - Fondateur du Manitoba

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Volume 15 Numéro 3
L'exécution de Riel, gravure
Le Monde illustré, vol. 2 no 83. p. 241 (5 décembre 1885)
Source : Bibliothèque nationale du Québec
L'exécution de Riel, gravure
Le Monde illustré, vol. 2 no 83. p. 241 (5 décembre 1885)
Source : Bibliothèque nationale du Québec

Le procès de Riel et les conséquences de son exécution

Anne-Sophie Ducellier

Le 6 juillet 1885, Louis Riel est officiellement accusé de trahison et son procès commence le 20 juillet à Regina. Depuis quelque temps, Riel souffre de troubles mentaux et se considère investi d'une mission divine. Son avocat lui propose donc de plaider l'aliénation mentale, ce que Riel refuse. Celui-ci réclame un procès politique et fait un virulent discours le 31 juillet lorsqu'il s'adresse au jury. Riel est reconnu coupable mais le jury recommande la clémence. L'exécution de Riel est reportée trois fois, sous le pression populaire de plus en plus grande, notamment au Québec : deux fois pour porter la cause en appel et une troisième fois pour procéder à un examen médical approfondi, Riel présentant de nombreux signes d'aliénation mentale. Trois médecins l'examinent, sans toutefois arriver à une décision unanime sur l'état de santé de l'accusé. Finalement, Riel est pendu le 16 novembre 1885 à Regina. Sa dépouille est envoyée sur le lieu de son enfance, à Saint-Boniface et Riel est enterré dans le cimetière adjacent à la cathédrale. Les conséquences de l'exécution de Riel sur le plan politique sont importantes : dans l'Ouest, la mort du chef Métis fait l'effet d'une bombe et le peuple métis pleure longtemps son héros et subit un profond découragement. La capitulation de la rébellion du Nord-Ouest et l'exécution de Riel sont des points déterminants des efforts déployés par le gouvernement fédéral pour contrôler les autochtones et les colons de l'Ouest. Tant psychologiquement que politiquement, le gouvernement d'Ottawa a réussi à affaiblir les autochtones et les Métis pour plusieurs décennies. Au Québec, l'exécution de Riel soulève un immense sentiment d'indignation et stimule une nouvelle ferveur du nationalisme canadien-français. Honoré Mercier prend le pouvoir au Québec en 1887 avec son Parti National, le premier parti à réclamer plus d'autonomie pour les provinces. Au niveau fédéral, l'électorat québécois retire son appui traditionnel au Parti conservateur, au profit du Parti libéral, dirigé par Wilfrid Laurier, qui avait dénoncé fortement la position et l'intransigeance du gouvernement conservateur dans ce dossier. Plus de 120 ans après ces événements, l'exécution de Riel et le sort des Métis continue de soulever les passions, tant au Manitoba qu'au Québec. En 1992, à Ottawa, la Chambre des Communes a finalement reconnu Louis Riel comme fondateur de la province du Manitoba, première étape vers une complète réhabilitation.


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