Louis Riel et l'insurrection du Nord-Ouest - Fondateur du Manitoba

« Retour | Archives Carrousel
Volume 15 Numéro 1
Conseillers du gouvernement provisoire de la nation métisse
(Première rangée, de gauche à droite) : Robert O'Lone et Paul Proulx. (Rangée du centre, de gauche à droite) : Pierre Poitras, John Bruce, Louis Riel, John O'Donoghue, François Dauphinais. (Dernière rangée, de gauche à droite) : Bonnet Tromage, Pierre de Lorme, Thomas Bunn, Xavier Page, Baptiste Beauchemin, Baptiste Tournond, Joseph (Thomas?) Spence
Source : Bibliothèque et Archives Canada / PA-012854
Conseillers du gouvernement provisoire de la nation métisse
(Première rangée, de gauche à droite) : Robert O'Lone et Paul Proulx. (Rangée du centre, de gauche à droite) : Pierre Poitras, John Bruce, Louis Riel, John O'Donoghue, François Dauphinais. (Dernière rangée, de gauche à droite) : Bonnet Tromage, Pierre de Lorme, Thomas Bunn, Xavier Page, Baptiste Beauchemin, Baptiste Tournond, Joseph (Thomas?) Spence
Source : Bibliothèque et Archives Canada / PA-012854

La rébellion de 1869-1870 et le gouvernement provisoire de la Rivière-Rouge

Anne-Sophie Ducellier

Après la Confédération de 1867, beaucoup d'Ontariens exercent de fortes pressions sur le gouvernement fédéral pour faire avancer la colonisation vers l'ouest, promis à un riche avenir agricole. Dès 1868, l'achat des territoires (Acte de la Terre de Rupert) de la Compagnie de la Baie d'Hudson par la couronne britannique (puis à leur transfert en 1869 au Canada) soulève beaucoup d'espoir chez ces militants anti-catholiques et anti-francophones et commence à inquiéter les Métis qui craignent de se faire évincer de leurs terres le long des rivières Rouge et Assiniboine. Ni le gouvernement canadien ni la compagnie ne demande aux personnes de cette région ce qu'elles en pensent de cet achat. À cette époque, environ 10 000 Métis vivent aux abords de la rivière Rouge. Contrairement aux immigrants anglo-protestants, établis sur des terres, les Métis sont principalement francophones, catholiques et affectionnent encore les grandes chasses au bison. Ils ne sont pas officiellement propriétaires de leurs terres, qu'ils cultivent pourtant. En 1869, en prévision de l'annexion des terres de l'ouest, le gouvernement fédéral envoie une équipe d'arpentage pour construire des routes. Par ailleurs, une série d'articles est publiée à la même période dans les journaux de l'Ontario, critiquant les Métis. Tous ces faits inquiètent ces derniers, déjà économiquement affaiblis par l'invasion de sauterelles de 1867-1868. Ils craignent de perdre leurs terres et de se faire déloger par les nombreux immigrants anglophones de l'Ontario. C'est pourquoi un « comité national » est mis sur pied, dont Louis Riel est nommée secrétaire. En raison de son instruction et de son leadership, celui-ci est amené à jouer un rôle décisif dans cet épisode de l'histoire du Manitoba, la première rébellion des Métis. À l'automne 1869, le Comité met fin à l'arpentage et s'empare de fort Garry, quartier général de la Compagnie de la Baie d'Hudson, sans rencontrer de résistance. Le 23 décembre 1869, Louis Riel devient chef du gouvernement provisoire de la colonie de la rivière Rouge. Après la prise de fort Garry, les Métis avaient emprisonné plusieurs « Canadiens ». L'un d'eux, Thomas Scott, un orangiste ontarien qui s'était échappé une première fois et avait tenté de susciter une contre rébellion parmi les colons écossais, a finalement été exécuté sous le commandement de Riel, ce qui suscite la colère des Ontariens. Le premier ministre canadien, Sir John A. Macdonald, réalise qu'une riposte militaire serait difficile. Il est donc amené à négocier avec les Métis et leur chef, Louis Riel. C'est la création du Manitoba, avec une loi adoptée le 12 mai 1870, qui offre plusieurs garanties aux Métis, notamment en leur réservant des terres et en leur promettant une province bilingue.


Source : © 2006 Fondation ConceptArt multimédia