La Guerre des épingles - Pour l'enseignement du français en Ontario

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Volume 20 Numéro 2
Les Gardiennes de l'École Guigues ont fait un geste qui a inspiré tout l'Ontario à défendre l'éducation de langue française.
Les Gardiennes de l'École Guigues ont fait un geste qui a inspiré tout l'Ontario à défendre l'éducation de langue française.

Opposition au Règlement 17 en Ontario

En 1912, le gouvernement de l'Ontario adopte le Règlement 17 qui interdit qu'on enseigne et même qu'on parle français dans les écoles ontariennes. Les hommes défendent les droits des francophones par le discours politique. Par exemple, le Père Charlebois crée le journal Le Droit et Louis-Philippe Landry démissionne avec fracas de son poste de président du Sénat canadien pour se consacrer à la présidence de l'Association canadienne-française d'éducation de l'Ontario (l'ACFO d'aujourd'hui). Il dénoncera, en 1917, l'oeuvre subversive de l'évêque irlandais Fallon et blâmera aussi l'archevêque anglophone d'Ottawa. Son fauteuil de sénateur est aujourd'hui aux bureaux de l'ACFO où il est l'apanage du président. Samuel Genest, président de la Commission des écoles séparées d'Ottawa, pendant toute la crise du Règlement 17 (1912-1927), sera traîné devant les tribunaux et accusé d'avoir rémunéré des enseignants. Il sera aussi président de L'ACFÉO. La crise scolaire atteint son paroxisme. Monseigneur Élie Latulipe d'Haileybury et d'autres évêques et dirigeants francophones appuient l'ACFÉO. Mais les femmes décident de défendre leurs droits en passant à l'action ! Les enseignantes Diane et Béatrice Desloges sont expulsées de leur École Guigues à Ottawa pour avoir continué d'enseigner en français. Forcées de quitter l'École Guigues, les enseignantes Diane et Béatrice Desloges ouvrent des classes privées. La Commission des écoles séparées d'Ottawa veut reprendre l'École Guigues mais les policiers leur barrent la route. En janvier 1916, les deux enseignantes et 19 mères de famille reprennent possession de leur école. Les policiers encerclent l'édifice, mais les femmes montent la garde avec leurs fameuses épingles à chapeau. Les femmes occupent l'école pendant des semaines et continuent d'enseigner en français aux enfants. Puis, trente policiers défoncent la porte pour essayer de reprendre l'école avec leurs matraques. Ils sortent en courant et abandonnent après avoir reçu leur part de coups de rouleaux à pâte, de poêles de fonte et d'épingles ! Ce jour-là, les Gardiennes de l'École Guigues ont fait un geste qui a inspiré tout l'Ontario à défendre l'éducation de langue française. D'autres femmes continueront le combat, telles Florence Quesnel à Green Valley, Anne-Marie Lemelin à Welland et Jeanne Lajoie à Pembroke. La crise scolaire se résorbe en 1921. Le Règlement 17 devient inopérant en 1927 et sera officiellement abrogé par le gouvernement qu'en 1944. Cette loi infâme aura toutefois permis aux Franco-Ontariens de se regrouper et de s'affirmer comme collectivité.


Source : © Tous droits réservés, Francoscénie