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Volume 10 Numéro 1
Représentation du lieu de tir, au-dessus de la ville de Québec, on y voit l'assaut de l'ennemi, 13 septembre 1759 (Québec)
Créateur : Francis Swaine
Source : Bibliothèque et Archives Canada / C-002736
Représentation du lieu de tir, au-dessus de la ville de Québec, on y voit l'assaut de l'ennemi, 13 septembre 1759 (Québec)
Créateur : Francis Swaine
Source : Bibliothèque et Archives Canada / C-002736

La conquête de Québec : Quatre-vingt-cinq jours de guerre

La conquête de Québec n'est pas qu'une simple bataille, mais bien le résultat d'un siège qui dura du 26 juin au 18 septembre 1759. Tout au long de cet interminable et pénible affrontement, Montcalm adopte une stratégie purement défensive et ne prend aucune initiative contre l'ennemi. Wolfe tente deux attaques avant le mois de septembre, mais ses troupes sont repoussées à deux reprises. Malgré ces défaites, les Anglais entourent la ville et la bombardent jour et nuit pendant des semaines, la réduisant en un amas de ruines fumantes. On évalue à 15 000 le nombre de bombes lancées contre Québec. Le sort réservé aux campagnes avoisinantes n'est guère plus reluisant. Les fermes sont pillées et brûlées, les villages ravagés et les habitants (souvent femmes, enfants et prêtres) sont incarcérés dans des camps. Ce sont en effet les habitants canadiens qui subissent les pires effets de cette affreuse guerre. Les troupes anglaises étaient accompagnées par les « Rangers », des miliciens américains si cruels et sanguinaires que certains officiers anglais répugnaient de leur confier des missions. Un officier anglais décrivit les Rangers comme des « chiens galeux, lâches et méprisables. » Ces Rangers commirent bon nombre d'atrocités durant la guerre, pillant, assassinant et scalpant les habitants. De leurs côtés, les Canadiens qui n'avaient pas rejoint les rangs de la milice (souvent des enfants ou des vieillards) ainsi que leurs alliés Indiens, harcelaient les troupes anglaises tant qu'ils le pouvaient. Cachés dans les bois, ils ouvraient le feu sur ces soldats européens terrorisés qui n'étaient pas habitués à ce genre de combat « à l'indienne ». Les gens d'ici sont exaspérés par l'inaction de Montcalm. Ils voient leur pays s'envoler en fumée pendant que ces Français restent assis dans leurs tranchées à attendre. En fait, les Français de l'époque considéraient les Canadiens comme des êtres appartenant à une nation différente de la leur. Un haut responsable exaspéré avait un jour déclaré: « Pour les Canadiens, le deuxième péché véniel consiste à être Français! » Les Canadiens de leur côté en avait assez de l'arrogance de leurs maîtres français, ne se voyant confier que des tâches sans importance et des rôles subalternes. Certains observateurs français prédisaient même qu'un jour viendrait ou de nouveaux états naîtraient sur ces vastes territoires du Nouveau Monde comme ce sera le cas quelques années plus tard pour les États-Unis.


Source : © Tous droits réservés, Patrick Couture / Fondation ConceptArt multimédia