La conquête anglaise

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Volume 10 Numéro 1
Débarquement des troupes britanniques à Louisbourg, en 1745
Des miliciens de Nouvelle-Angleterre, appuyés par la marine britannique, débarquent à Louisbourg en mai 1745. Au bout d'un court siège de 48 jours, les défenseurs français capitulent.
Source : Bibliothèque et Archives Canada / Gravure de Brooks / C-10994
Débarquement des troupes britanniques à Louisbourg, en 1745
Des miliciens de Nouvelle-Angleterre, appuyés par la marine britannique, débarquent à Louisbourg en mai 1745. Au bout d'un court siège de 48 jours, les défenseurs français capitulent.
Source : Bibliothèque et Archives Canada / Gravure de Brooks / C-10994

Prise de Louisbourg, 1745

En 1713, la France cède Terre-Neuve et une Acadie aux frontières mal définies, à l'Angleterre par le traité d'Utrecht mettant fin à la Guerre de la Succession d'Espagne. Des Maritimes, il ne reste plus à la France, que l'Isle Royale (Île du Cap-Breton) et l'Isle Saint-Jean (Île-du-Prince-Édouard). La France entreprend alors la colonisation de l'île Royale et y fonde Louisbourg, qui devient rapidement une ville et un port importants. Quant à l'Acadie, elle sera rebaptisée la « Nova Scotia » et les Acadiens, désormais sujets britanniques, devront se considérer comme neutres. Bien que le gouverneur soit subordonné au gouverneur général de la Nouvelle-France à Québec, l'île Royale vit comme une colonie indépendante. Dès 1719, les Français entreprennent un vaste programme de fortifications de Louisbourg. Dans les années 1740, la ville est entourée de remparts de pierre et de mortier équipés de canons et Louisbourg est déjà une importante base militaire dotée d'une garnison permanente. La ville et l'établissement qui s'est développé le long du port deviennent rapidement une colonie florissante. S'appuyant sur l'industrie de la pêche, Louisbourg diversifie ses liaisons maritimes. Ces dernières servent de base de pêche aux Français, qui continuent la pêche de la morue dans les Grands Bancs, activité alors fort lucrative. Des pêcheurs Basques, bretons et normands y pratiquent donc la pêche chaque année. Le port accueille des navires marchands de la France, des Antilles, des colonies anglaises d'Amérique, de l'Acadie et de Québec. Le trafic maritime y est considérable. Quatrième en importance en Amérique du Nord, après les ports de Boston, de New York et de Philadelphie, il fait concurrence aux activités maritimes des colonies du sud. Boston se sent menacé. La population sédentaire, venue de France et d'autres endroits de la Nouvelle-France, atteint environ 2000 habitants en 1740 et 4000 dans les années 1750. Malheureusement en 1744, une nouvelle consterne les habitants de l'Isle Royale. Après 34 ans de paix, la France est encore en guerre avec l'Angleterre dans le cadre du conflit autrichien. Aussitôt qu'ils ont connaissance de la déclaration de guerre, les Français de Louisbourg envoient en mai 1744, une troupe détruire la petite ville de Canso occupée par les Anglais. Des combats navals ont lieu entre des bâtiments corsaires au large de l'Isle Royale tout au long de l'été de 1744. À la fin de l'été, on tente sans succès de s'emparer d'Annapolis Royal. Les Français engagent des corsaires pour s'emparer des navires de Boston qui ne se doutent encore de rien. Ces corsaires font de nombreuses prises, désorganisent la vie de la Nouvelle-Angleterre dont les habitants, furieux, décident la destruction de Louisbourg.En décembre, une mutinerie éclate à Louisbourg. En 1745, informés de la situation désespérée dans laquelle se trouve la forteresse dont les troupes, mal approvisionnées, menacent de se mutiner, des soldats de la Nouvelle-Angleterre partent à l'assaut de Louisbourg. Une grande expédition de 4000 hommes bloquent l'accès et la sortie du port. La forteresse est assiégée pendant plusieurs mois, par une armée de miliciens de la Nouvelle-Angleterre, appuyée par la Royal Navy britannique. À leur tête se trouve William Pepperell. Du côté français, le moral de la garnison, qui garde un relent amer de la mutinerie de l'année précédente, n'est pas excellent. Le 21 juin 1745, après un siège de quarante-sept jours et sous le feu efficace de l'artillerie anglaise, le commandant Du Pont Duchambon adresse la lettre de capitulation à Warren et Pepperell, commandants anglais. La place forte est conquise. En juillet 1745, deux mille quatre cents personnes sont embarquées dans des navires et sont envoyées en France. Les gens de la Nouvelle-Angleterre sont très fiers d'avoir abattu Louisbourg, la ville fortifiée que l'on disait invincible. Bien qu'en 1746, le duc D'Anville tente, sans succès, de reprendre le Cap-Breton et la Nouvelle-Écosse, les Anglais occupent Louisbourg pendant les quatre années. En 1748, le traité d'Aix-la-Chapelle met fin à la guerre de la Succession d'Autriche. En vertu de ce traité, le Cap-Breton est rendu à la France en retour de places stratégiques sur la frontière des Pays-Bas. Au grand désespoir des soldats de la Nouvelle-Angleterre, Louisbourg passe de nouveau aux mains des Français. Mais en 1749, pendant que les Français reviennent à Louisbourg, un évènement qui aura beaucoup de conséquence pour les Acadiens : les Anglais ont décidé de coloniser sérieusement la Nouvelle-Écosse et font venir 2500 colons irlandais, anglais, allemands, qui s'installent avec des provisions pour un an sur le site indien de Chibouctou. C'est la fondation d'Halifax. Anglais et Français s'attendent à ce que les hostilités reprennent incessamment.