Sur la piste d'Étienne Brûlé - Aventures au Pays d'en haut (Ontario)

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Volume 5 Numéro 9
Les Wendats et les Algonquins surnommaient les missionnaires les « robes noires ».
Source : © L'écho d'un peuple Inc.
Les Wendats et les Algonquins surnommaient les missionnaires les « robes noires ».
Source : © L'écho d'un peuple Inc.

La bête noire des Robes noires

Depuis son arrivée au Nouveau Monde, Étienne Brûlé a développé une grande admiration pour les croyances des peuples autochtones... Ce sont des croyances religieuses bien différentes de celles qui avaient étouffé son enfance alors qu'il vivait dans une France très catholique, bâtie sur la violence des anciennes Guerres de religion. Étienne admire sûrement le grand respect que les Autochtones vouent à la nature, car leur mère commune, c'est Mère la Terre. Chez les Autochtones, on retrouve des « okis », c'est-à-dire des esprits, dans toute chose vivante. Étienne a par exemple appris à remercier le poisson qu'il vient de pêcher d'avoir sacrifié sa vie pour le nourrir. Il a aussi appris à utiliser toutes les parties d'un animal chassé pour l'honorer : la peau pour se vêtir, la viande pour se nourrir, la graisse comme insecticide, les boyaux (pour tresser des raquettes par exemple) et les os pour fabriquer des instruments, des hameçons et des armes. Les Hurons-Wendats et les Algonquins que fréquente Étienne pratiquent la « quête de vision ». Étienne cherche donc sans doute à avoir des visions pour rencontrer son « bon génie ». Souvent, les Autochtones ont ces visions lors de songes ou de rêves. Le songe est un puissant message d'un esprit qu'il faut écouter. Certains Autochtones n'hésiteront pas à tuer un membre de leur famille ou à sacrifier leur vie si un songe leur a dicté. De plus, chez les Autochtones, Mère la Terre n'appartient à personne et on partage absolument tout ce qui nous entoure. Puisqu'il a connu la pauvreté extrême en France, Étienne doit apprécier à fond cette philosophie de vie qui lui fait découvrir les joies de la liberté. On l'a accueilli à bras ouverts alors qu'il n'avait que 17 ans. On l'a hébergé, nourri et vêtu. Étienne deviendra petit à petit un des leurs, un membre de la grande famille des Wendats. Des jeunes femmes ont même tout partagé avec lui au point tel que la moitié des enfants du village de Toanché sont les siens ! Vive la Huronie... et vive la liberté ! Pour les missionnaires qui l'ont côtoyé, tels Joseph Le Caron, Gabriel Sagard et Jean de Brébeuf, Étienne Brûlé incarne l'esprit du Mal, la débauche et l'abandon animal. En parlant de lui et de son ami Nicolas Marsolet dans leurs écrits, ces hommes de Dieu dénoncent un fait sacrilège : « ils mangeaient ensemble de la viande le vendredi » ! Étienne est la bête noire qui démontre exactement le contraire de ce que les Robes noires essaient de prêcher aux Autochtones... Pas étonnant que ces missionnaires reconnaissent rarement dans leurs écrits l'immense contribution d'Étienne au développement de notre pays !
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Quiz : Questions à choix multiple qui contribuent à la compréhension et à la réflexion.
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Découverte d'anecdotes et des faits inusités.