Représentantes de l'exécutif national de la Fédération des femmes canadiennes-françaises en compagnie du chanoine, René Martin, aumônier. Université d'Ottawa, Centre de recherche en civilisation canadienne-française, Fonds Fédération nationale des femmes canadiennes-françaises (C53), Ph 52-1. Photo Lucien Racine, Ottawa, 1945.
Représentantes de l'exécutif national de la Fédération des femmes canadiennes-françaises en compagnie du chanoine, René Martin, aumônier. Université d'Ottawa, Centre de recherche en civilisation canadienne-française, Fonds Fédération nationale des femmes canadiennes-françaises (C53), Ph 52-1. Photo Lucien Racine, Ottawa, 1945.

Activités pédagogiques : Almanda Walker-Marchand

Préparation à la lecture

A. Identification des connaissances des élèves

Qu'est-ce que le féminisme? Connaissez-vous des féministes? Que pensez-vous du mouvement féministe?
Connaissez-vous la Fédération nationale des femmes canadiennes-françaises? Connaissez-vous d'autres regroupements de femmes ou d'autres associations francophones?

B. Mise en situation

Le temps
Nous sommes en 1914. La guerre vient d'éclater en Europe. Le gouvernement canadien demande l'appui de la population. Les femmes répondent à l'appel. Le texte couvre la période durant laquelle Almanda Walker-Marchand est présidente de la Fédération des femmes canadiennes-françaises, soit de 1914 à 1946.

L'espace
Nous sommes à Ottawa, la capitale du Canada.

C. Vocabulaire utile

  • Archétype : Type primitif ou idéal; original qui sert de modèle (Petit Robert).
  • Clergé : L'ensemble des ecclésiastiques d'une église, d'un pays, d'une ville; évêque, curé, abbé, moine, religieux (Petit Robert).
  • Émancipation : Action d'affranchir ou de s'affranchir d'une autorité, de servitudes ou de préjugés (Petit Robert).
  • Esprit de service : Dans le texte, cela signifie un esprit d'aide, de secours aux plus démunis et de solidarité sociale.
  • Idéologie patriarcale dominante : Système d'idées selon lequel l'organisation sociale est basée sur la famille patriarcale, c'est-à-dire la famille fondée sur la parenté par les mâles et la puissance paternelle (Petit Robert).
  • Ordre du Canada : Établi lors du centenaire de la Confédération en 1967, l'Ordre du Canada est l'honneur canadien par excellence décerné à une personne qui s'est distinguée de façon exceptionnelle dans un champ d'action ou un autre.
  • Philanthrope : Personne qui s'emploie à améliorer le sort matériel et moral des hommes (Petit Robert).
  • Pionnière : Femme qui est la première à se lancer dans une entreprise, qui fraye le chemin (Petit Robert).
  • Réseautage : Dans le texte, cela signifie le développement de liens de collaboration avec diverses organisations qui travaillent pour des buts semblables.
  • Société dirigeante : Groupe composé des individus qui ont le pouvoir politique et économique.
  • Stature nationale : Importance à l'échelle du pays.
  • Visionnaire : Dans le texte, signifie une personne qui a une image claire de ce que pourrait être une société meilleure et qui prend les moyens pour aller dans cette direction.

Étape 1 - Lecture du texte

Le texte peut être lu à la maison ou en classe.

Étape 2 - Compréhension de texte

Questions de compréhension suggérées
  • Comment la FFCF est-elle née?
  • Quels sont les quatre domaines d'action d'Almanda?
    Réponse : L'émancipation des femmes, la défense des droits des francophones, les oeuvres charitables et la politique sur la scène fédérale.
  • Pourquoi le fait de fonder la FFCF était-il un geste politique?
  • Quelle est la marque du succès de la FFCF en ce qui concerne la collecte de fonds pour aider les personnes les plus d émunies?
  • Pourquoi Almanda n'a-t-elle pas réussi à se faire nommer au Sénat?
  • Quelles étaient les qualités particulières d'Almanda en tant que présidente de la FFCF?
  • Quel était le rêve d'Almanda et quand a-t-il été réalisé?

Questions d'approfondissement suggérées

Quelles sont les caractéristiques de la période de 1914 à 1946?

Réponses possibles :
1914-1918 : Première Guerre mondiale
1918-1922 : redressement économique après la guerre, instabilité politique et nombreuses grèves
1922-1929 : « les années folles » , croissance économique
1929-1935 : crise économique et Dépression
1935-1939 : montée du fascisme en Europe
1939-1945 : Seconde Guerre mondiale

À quelle classe sociale appartient Almanda? Quels liens peut-on faire entre ses origines sociales et ses capacit és à la présidence de la FFCF?

Réponses possibles : Almanda appartient à la classe privilégiée d'Ottawa. Elle est bilingue et a épousé un ingénieur électricien. Ses connaissances de l'anglais étaient essentielles pour faire du réseautage avec les groupes de femmes anglophones. Son éducation l'aidait à bien s'exprimer en public et lors de réunions avec des membres de la classe dirigeante. Elle était active au sein du Parti libéral du Canada. Ceci l'a aidée à faire des contacts et à obtenir du financement et de l'appui politique pour son travail à la FFCF. Almanda avait de l'aide à la maison (une bonne à temps plein), ce qui lui permettait de se consacrer à la présidence de la FFCF (s'occuper de neuf enfants, c'est beaucoup de travail).

Étape 3 - Activités d'enrichissement

Analyse de texte : Réflexions sur la place des femmes minoritaires dans l'histoire du Canada

Lucie Brunet décrit les raisons qui l'ont poussée à rédiger la biographie d'Almanda Walker-Marchand :
Je me suis rapidement rendu compte que l'histoire des femmes de l'Ontario français n'avait pas encore été écrite. En tant que féministe franco-ontarienne, je me suis longtemps sentie orpheline, en l'absence d'une lignée connue de précurseures. Je trouvais anormal qu'Almanda Walker-Marchand soit demeurée dans l'ombre, alors que ses contemporaines — les féministes québécoises et canadiennes-anglaises — et ses contemporains — les leaders masculins de l'Ontario français — avaient été reconnus publiquement pour leur contribution. C'est pour corriger cette lacune que j'ai entrepris ce projet auquel j'ai consacré l'équivalent d'une année de ma vie [...]

Cela m'amène à vous parler de mon public lecteur, qui est composé principalement de lectrices de langue française vivant en milieu minoritaire. C'est d'abord et avant tout pour elles que j'ai écrit ce livre : Almanda se retrouve maintenant dans tous les coins du territoire canadien, de Terre-Neuve à la Colombie-Britannique, en passant par le Manitoba. Or, il s'agit d'une clientèle qui a souvent été contrainte d'étudier en anglais et dont le degré d'alphabétisation dans la langue maternelle (c'est-à-dire le français) varie énormément d'une région à une autre. À mon souci de rendre le style et le niveau de langue à la portée de ce public cible s'est greffée une préoccupation de le rejoindre, de le toucher par le vécu des deux personnages 31 qui cohabitent dans la biographie […]

Questions destinées aux élèves :
  • Pourquoi croyez-vous qu'il y a des « oublis »  dans l'histoire d'un pays ou d'une nation? Quels autres groupes ont été oubliés ou négligés dans l'histoire du Canada?
  • Quelle est la caractéristique commune aux régions du territoire canadien que mentionne Mme Brunet?
  • Quelles sont les préoccupations de l'auteure en ce qui concerne son public cible?

Analyse : La présence des femmes en politique

Almanda Walker-Marchand n'a pas réussi à se faire nommer au Sénat. Le texte mentionne deux raisons : elle n'avait pas de très bonnes relations avec le Premier ministre Mackenzie King et elle n'avait pas d'argent pour acheter son siège. Ceci peut déboucher sur une analyse de la participation des femmes au monde politique et des barri ères qui bloquent souvent les femmes désirant s'y engager. Nous pourrions analyser la présence des femmes en politique municipale ou provinciale, mais nous privilégions la scène fédérale, celle choisie par Almanda Walker-Marchand. Les tableaux ci-dessous montrent le pourcentage de femmes élues au Canada et dans le monde.
Année% de femmes parmi les députés élus % de femmes parmi les ministres du Cabinet
19680,4 
19743,4 
19805 
19851015,4
19941824
19992024
200020,623,7
200120,623,7
200220,623,7


« À Ottawa, les femmes occupent 20.6 % des bancs à la Chambre des Communes. À l'Assemblée nationale au Québec, on en compte 19 %. Sur la scène municipale au Québec, les femmes n'occupent que 9,3 % de l'ensemble des postes de maires et 19,9 % des postes de conseillers municipaux32 » .
Année% de femmes parlementaires, selon le pays
19450,4
% de femmes parlementaires, selon le pays
Finlande : 9
Suède : 7,8
Bulgarie : 5,8
France : 5,6
Rép. dominicaine : 5,6
Autriche : 5,5
Danemark : 5,4
Norvège : 4,7
Royaume-Uni :
1965République démocratique allemande : 27,4
URSS : 27,2
Bulgarie : 20,3
Mongolie : 20
Tchécoslovaquie : 20
Guinée : 18,7
Hongrie : 18,2
Chine : 17,8
Roumanie : 14,4
Finlande : 14
1995Suède : 40,4
Norvège : 39,4
Finlande : 33,5
Danemark : 33
Pays-Bas : 31,3
Seychelles : 27,3
Allemagne : 26,2
Islande : 25,4
Mozambique : 25,2
Afrique du Sud : 25
1995Dans l’ensemble du monde, 11,7 % des parlementaires sont des femmes.

Source : Union parlementaire, Les femmes dans les Parlements 1945-1995, Étude statistique mondiale, Genève, 1995.

Questions destinées aux élèves

1. Que peut-on déduire du tableau 1 et des statistiques fournies par Mme Venne?

Réponses possibles : Le pourcentage de femmes élues au Parlement du Canada a considérablement augmenté depuis 1968, mais il semble avoir atteint un plateau autour de 20 %. Le pourcentage des femmes au Cabinet est plus élevé que celui des députées, mais il demeure faible. La proportion de femmes sur la scène politique provinciale et municipale au Québec est également faible (on peut supposer que la situation est similaire dans le reste du Canada).

2. Que peut-on déduire du tableau 2?

Réponses possibles : La proportion maximale de femmes parlementaires a quadruplé en 50 ans; elle est passée de 9 % en Finlande en 1945 à 40,4 % en Suède en 1995. C'est un changement fondamental, mais il reste encore beaucoup de travail à faire. Les pays nordiques (Suède, Norvège, Finlande et Islande) sont parmi les premiers États du monde à avoir reconnu aux femmes le droit de voter et d'être élues. Ils ont aussi été les plus constants dans leur attitude électorale positive à l'égard des femmes. Le Canada ne s'est jamais classé parmi les 10 meilleurs pays. En 1995, avec 20 % de femmes parlementaires, il vient tr ès loin derrière la Suède (40,4 %) et assez loin derrière l'Afrique du Sud (25 %) qui a vécu la transition à un régime démocratique depuis la fin de l'apartheid.

3. Quelles barrières bloquent les femmes qui veulent faire de la politique?

Réponses possibles :
  • Les femmes ont parfois de la difficulté à allier le travail à la maison, les soins aux enfants et une carrière politique qui exige une très grande disponibilité.
  • Les femmes n'ont pas toujours les ressources financières nécessaires pour lancer une campagne politique. Certaines ne veulent pas risquer de laisser leur emploi pour s'engager dans une élection qu'elles pourraient perdre.
  • Les femmes font face à des médias qui les traitent de façon différente. Leur vie privée et leur apparence physique sont souvent examinées de façon peu respectueuse.
  • Les femmes doivent s'insérer dans une sous-culture politique dominée par les hommes. Certains hommes politiques leur font la vie dure de diverses mani ères. Les façons de faire la politique peuvent déplaire aux femmes. Elles doivent se battre pour avoir le droit de parole et se faire respecter.
  • Comme les hommes ont presque tout le pouvoir politique, ils ne veulent pas le partager avec les femmes à moins d'y être forcés. Certains hommes n'ont pas cette attitude, mais ils ne forment pas la majorité. La situation a très peu évolué depuis les 20 dernières années.
Les participantes de la Conférence internationale sur les femmes et le développement tenue à Beijing (Chine) en 1995 ont identifié les obstacles suivants :
[…] les modes de fonctionnement traditionnels et les structures des partis politiques; les attitudes et les pratiques discriminatoires; les responsabilit és familiales et maternelles; le manque de ressources financières, le coût des campagnes électorales, les coûts liés à l'exercice d'une fonction publique; la division inégale du travail et des responsabilités au sein des familles, elle-même fondée sur l'inégalité des rapports. Tous ces facteurs empêchent les femmes de trouver le temps d'acquérir les connaissances nécessaires à leur participation à la prise de décisions dans le domaine public 33.

4. Malgré toutes ces barrières, certaines femmes réussissent en politique. Quelles sont les caractéristiques essentielles de ces femmes?

Réponses possibles : Pour avoir du succès en politique, il faut être ambitieuse, déterminée et passionnée par la politique; avoir une confiance en soi inébranlable, de bonnes habiletés sociales, de nombreux « amis »  bien placés et les ressources financières nécessaires et ne pas avoir peur de travailler dur.

5. Quelles sont les conséquences de la sous-représentation des femmes sur la scène politique et dans le domaine public?

Réponses possibles : Les préoccupations des femmes ne sont pas prioritaires pour le gouvernement. Par exemple, un programme national de garderies, la sant é des femmes ou encore l'équité salariale sont généralement considérés comme des dossiers de seconde importance. La contribution d'un grand nombre de bonnes candidates à la vie publique est bloquée, ce qui est une perte pour toute la société. La sous-représentation des femmes met en cause le concept même de démocratie représentative. Comme le dit M me Venne :
Le concept de démocratie ne peut prendre un sens réel que si les orientations politiques prennent en considération les intérêts et les points de vue de l'ensemble de la population. Plus les femmes seront associées au processus de prise de décision politique, plus le concept de démocratie prendra une expression concrète et tangible […] c'est surtout au sein des partis politiques que la volonté doit se manifester pour que la situation change et que les femmes soient intégrées à part entière à la gestion des affaires publiques 34.

Mise en situation et recherche sur le féminisme contemporain

Vous avez pris connaissance des revendications et des projets de la FFCF durant les premi ères années de son existence. Avec les élèves, vous pouvez maintenant faire le point et analyser les dossiers importants pour le mouvement des femmes francophones au Canada aujourd'hui. Demandez aux élèves de faire une recherche sur les thèmes ci-dessous et organisez ensuite une mise en situation. Les élèves peuvent écrire un texte en équipes et le présenter à toute la classe. Si l'un des thèmes les emballe, demandez-leur d'écrire une courte pièce de théâtre et de la jouer.

Thèmes pour chacune des équipes (de 3 à 5 élèves)
  • La santé des femmes (en particulier l'accès aux services en français)
  • La violence faite aux femmes
  • L'équité salariale
  • La pauvreté des femmes en milieu urbain et rural
  • La participation des femmes à la Marche mondiale
  • La reconnaissance du travail à la maison

Tous ces dossiers sont prioritaires pour les Canadiennes francophones et anglophones. En ce qui concerne la santé, les femmes se préoccupent de questions comme le cancer du sein.

Pour s'informer sur la Marche mondiale des femmes, il suffit de visiter le site de la Fédération des femmes du Québec au www.ffq.qc.ca . Ensuite, cliquez sur Marche mondiale des femmes.

Voici deux autres thèmes possibles liés au mouvement féministe :
  • la place des femmes dans les universités canadiennes
  • les femmes entrepreneures
Après les présentations, les élèves peuvent faire une comparaison entre les causes des premières féministes de la FFCF et les causes contemporaines.

Étape 4 - Thèmes de discussion

Réflexion sur le leadership : La même personne reste à la tête d'une organisation pendant 32 ans. Discutez avec les élèves des avantages et des désavantages d'une telle situation.

Étape 5 - Thèmes possibles pour une recherche plus approfondie

La Loi 8 sur les services en français en Ontario
Cette loi, adoptée dans les années 1980, concerne l'usage de la langue française en Ontario. Elle ne fait pas du français une langue officielle de la province (le Nouveau-Brunswick est la seule province qui a deux langues officielles, l'anglais et le français). Demandez aux élèves de faire une recherche sur la Loi 8, sur ce qu'elle change dans la vie quotidienne, et d'évaluer le statut actuel du français en Ontario.

Les Dionne
Les quintuplées Dionne sont nées en 1934 dans une petite communauté francophone du nord de l'Ontario. Leur histoire est fascinante. Pour diverses raisons, le gouvernement ontarien a pris en charge les fillettes. Les petites Dionne étaient à l'époque la plus grande attraction touristique du pays. Les élèves peuvent faire une recherche sur les quintuplées, sur l'engagement de la FFCF envers leur éducation et sur la lutte pour la garde des enfants.

Pour approfondir le thème

Livre et articles
  • Encyclopédie du Canada, Montréal, Éditions Alain Stanké, 1987. (Voir les textes sous les rubriques « histoire des femmes » , « les femmes et le droit de vote » , « mouvement des femmes » .)
  • Lucie Brunet, « Almanda Walker-Marchand, une féministe franco-manitobaine de la première heure, Capsules d'histoire du Canada au XXe siècle : Aventures et vécu de femmes, Ottawa, Réseau national d'action éducation femmes, 2002, page 75, sous le tableau Union parlementaire
  • Venne, Pierrette, « Pour une démocratie représentative » , Le Devoir, 1er mai 1997.
  • Welch, David, « Les jumelles Dionnes : cinq petites Franco ontariennes dans un contexte d'exclusion sociale » , Entre le quotidien et le politique : Facettes de l'histoire des femmes francophones en milieu minoritaire, Ottawa, Réseau national d'action éducation femmes, 1997, p. 123-157.
Sites Web

L'adresse du site de la AFFC est www.affc.ca .

Étape 6 - Discussion finale

La FFCF est un des nombreux groupes qui appartiennent à la société civile. Ce concept est utilisé de plus en plus en politique internationale. Il fait référence à tous les groupes organisés qui défendent certains dossiers et tentent d'influencer les preneurs de décisions. La société civile inclut, par exemple, les groupes de femmes, les groupes environnementaux, les syndicats, les groupes de jeunes, les groupes ethniques et les groupes religieux. Elle est active aux paliers municipal, provincial, national et international. Dans certains cas, on exclut de la d éfinition les groupes d'affaires et les compagnies privées. Une société civile forte et bien organisée est indispensable à la démocratie.

La FFCF est donc un groupe de la société civile qui a tenté et tente toujours de transformer la société. Demandez aux élèves s'ils et elles connaissent des groupes qui ont travaillé pour obtenir des changements et qui ont réussi. Il peut s'agir de groupes dans leur communauté (p. ex. un groupe qui a créé un programme de recyclage) ou à l'échelle internationale (p. ex. le mouvement pour éliminer les mines anti-personnel). Demandez aux élèves de penser à des groupes avec lesquels ils et elles aimeraient travailler.

Étape 7 - Appui à l'évaluation des apprentissages

Questions d'analyse et de synthèse
  1. Explique comment la Fédération des femmes canadiennes-françaises est née et comment elle avait une marge de manoeuvre plus étroite (donc plus conservatrice) que les organisations de femmes anglophones de l'époque.
  2. Décris les domaines d'action d'Almanda Walker-Marchand et de la Fédération des femmes canadiennes-françaises.
  3. Décris la participation des femmes sur la scène politique canadienne contemporaine et explique les causes de cette faible participation.
  4. Explique le concept de société civile et décris comment la société civile participe à la prise de décisions publiques.
  5. Décris les grands dossiers féministes de la fin du XXe siècle au Canada.

Réponses suggérées
  1. La FFCF est née lors de la Première Guerre mondiale pour organiser les secours de guerre (soldats, famille). La FFCF regroupe des Canadiennes françaises catholiques et doit composer avec un clergé catholique conservateur qui tente de la contrôler. Exemples de cas où la FFCF est obligée de restreindre ses actions (voir la section : L'engagement en faveur des femmes).
  2. Expliquer chaque domaine : l'émancipation des femmes; la défense des droits des francophones minoritaires, les oeuvres charitables et le travail social; la participation à la vie politique.
  3. Cette participation est limitée. En 1999, seulement 20 % des députés fédéraux étaient des femmes et seulement 25 % des ministres du Cabinet étaient des femmes. La situation n'est pas meilleure sur la scène provinciale ou municipale. Les causes de cet état des choses sont énumérées dans l'activité d'enrichissement.
  4. La société civile se compose de tous les groupes organisés dans la société qui défendent certains dossiers et tentent d'influencer les preneurs de décisions. Elle inclut, par exemple, les groupes de femmes, les groupes environnementaux, les syndicats, les groupes de jeunes, les groupes ethniques et les groupes religieux. La soci été civile est active aux paliers municipal, provincial, national et international (par exemple aux Nations Unies). Elle utilise le lobbying, les m édias et tous les moyens pour se faire entendre. Dans certains cas et dans certains pays, la soci été civile participe à la prise de décisions.
  5. La santé, la violence, l'équité salariale, la pauvreté, la reconnaissance du travail non rémunéré, la participation à la vie politique.

Questions globales
  1. Explique pourquoi les femmes sont souvent oubliées dans les livres d'histoire. Que doit-on faire pour corriger la situation?
  2. Explique pourquoi il est important d'avoir des modèles positifs de femmes qui ont été actives dans notre communauté. À ton avis, que devrait léguer notre génération à celle qui s'en vient?
  3. Décris les domaines économiques et sociaux où l'on doit lutter pour une plus grande équité entre hommes et femmes.
  4. Comment peut-on s'engager aujourd'hui en faveur d'une plus grande égalité entre les hommes et les femmes?

Réponses suggérées
  1. Elles ont un pouvoir politique, économique et social limité. Elles sont donc oubliées parce que l'on considère leur contribution comme peu importante, selon le point de vue dominant des hommes.
    Il faut faire de la recherche sur l'histoire des femmes, écrire et faire publier des documents à ce sujet. Il faut inclure l'histoire des femmes dans les cours d'histoire aux cycles primaire et secondaire.
  2. Il est important pour la nouvelle génération d'avoir des modèles positifs de femmes actives, car ces femmes sont une source d'inspiration et démontrent que l'on peut faire tomber des barrières. Ces femmes ont fait preuve de courage et de détermination; elles ont élargi le champ d'action politique, économique, social et culturel pour l'ensemble des femmes. Elles ont provoqué des changements positifs dans la société. L'importance des modèles positifs s'applique à tous les groupes de la société qui sont souvent « oubliés »  dans les livres d'histoire et la culture dominante : les jeunes, les minorités ethniques, les personnes âgées, etc. Ce que l'on devrait léguer à la prochaine génération dépend, bien sûr, de nos valeurs et de nos priorités. Pour certaines personnes, il est primordial de léguer un environnement sain qui permette un développement économique et social durable. Pour certaines autres, le plus important est d'éliminer la discrimination sous toutes ses formes. Pour d'autres enfin, la lutte à la pauvreté et la justice sociale constituent l'enjeu central.
    • La place des femmes dans le domaine public et sur la scène politique.
    • L'accès des femmes aux postes de commande dans les entreprises privées et les ministères.
    • Le soutien pour les femmes pauvres et chefs de famille monoparentale (soutien financier, services sociaux, etc.).
    • L'équité salariale en ce qui concerne le travail.
    • L'importance des priorités des femmes sur le marché du travail, et des lois pour faciliter ce travail, par exemple des services publics de garderies.
  3. Comme suite à la Marche mondiale des femmes de l'an 2000, poursuivre les revendications et s'engager socialement dans sa communauté, soutenir des candidates aux élections, suivre les débats et exprimer son appui aux causes des femmes, etc.




  4. 31. L'auteure inclut dans la biographie un personnage fictif : une féministe contemporaine nommée Josette Montreuil.
    32. Pierrette Venne, « Pour une démocratie représentative » , Le Devoir, 1er mai 1997.
    33. Pierrette Venne, ibid.
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Source : © Alliance des femmes de la francophonie canadienne