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Volume 6 Numéro 1
Capucin gris Acadie 1633, aquarelle
Artiste : Henri Beau
Source : Bibliothèque et Archives Canada / 51336
Capucin gris Acadie 1633, aquarelle
Artiste : Henri Beau
Source : Bibliothèque et Archives Canada / 51336

Les capucins

Sylvio Boudreau

À leur arrivée en Acadie, en 1632, six Pères Capucins, accompagnés de 300 hommes d'élite, sous la direction du lieutenant général de la colonie, Isaac de Razilly, trouvent un pays à reconstruire. Jugeant qu'il serait difficile de fortifier Port-Royal qui avait été détruit par le capitaine anglais Samuel Argall en 1613, de Razilly décide de s'installer à La Hève, au sud-est de la Nouvelle-Écosse actuelle. Les Pères Capucins y fondent une mission et ouvrent une école pour les garçons et une pour les filles où sont admis les enfants blancs ainsi que les indigènes. Ce sont les premières écoles régulières de toute la Nouvelle-France. Cependant, à la mort de Razilly, en 1636, son successeur, Charles de Menou, sieur d'Aulnay, déménage l'établissement de la Hève à Port-Royal dont les terres sont plus propices à l'agriculture. Poursuivant leur oeuvre dans le domaine de l'éducation, les Pères Capucins ouvrent d'autres écoles et même, en 1640, deux pensionnats, un pour les garçons et un pour les filles où les indigènes sont admis au même titre que les blancs. Les Capucins construisent également une église à Port-Royal. À un moment donné, le groupe des Pères Capucins atteint une trentaine de missionnaires qui oeuvrent sur un large territoire s'étendant du golfe Saint-Laurent jusqu'aux abords de la Nouvelle-Angleterre. Ils y fondent des missions où demeurent des Capucins, soit à la Hève, Port-Royal, Saint-Jean, Pentagoet, Saint-Pierre-de-Canseau, Miscou, Nipisiguit (Bathurst). Partout, ils évangélisent les Autochtones tout en desservant les divers groupes de Français. Ils furent les premiers grands missionnaires des Micmacs et des Abénaquis. Ils amorcèrent même une série de publications élémentaires en langue indigène dont le Père Joseph se préoccupait de faire imprimer en France. Malheureusement, au cours des dix dernières années de leur séjour en Acadie, ils furent assaillis de nombreux malheurs. En 1650, le gouverneur Charles d'Aulnay se noie à Port-Royal. LeBorgne, à qui d'Aulnay devait une somme d'argent considérable, en profite pour piller le poste de Saint-Pierre au Cap-Breton que les missionnaires doivent alors abandonner. Il prend contrôle de Port-Royal, fait fermer le séminaire, emprisonnant les missionnaires et les forçant à retourner en France. Puis, survint la chute de Port-Royal aux mains des Anglais le 16 août 1654, tandis que les régions avoisinantes étaient conquises. À Port-Royal, les Anglais pillent le monastère et l'église, ils tuent même le supérieur, le Père Léonard de Chartres, et expulsent les autres missionnaires par la force. Malgré tout, le Père Balthazar continue à exercer son apostolat à Saint-Pierre du Cap-Breton jusqu'en 1658 alors qu'il est remplacé par les Jésuites. Il consacre le reste de ses jours aux Autochtones et meurt, on ne sait trop quand ni comment.


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