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Volume 13 Numéro 3
Maison Martin 1770
Source : © Village historique acadien
Maison Martin 1770
Source : © Village historique acadien
Hier l'Acadie

La maison Martin - Circa 1770

Cette maison au dénuement presque total est le premier corps de logis construit par un rescapé des tristes épisodes de 1755. Jean-Baltazar Martin, né en 1736 à Port-Royal, semble avoir évité la déportation. Marié en 1767 à l'île d'Orléans avec Hélène Godin, il vient s'établir à l'endroit connu aujourd'hui sous le nom de French Village, près de Sainte-Anne des Pays-Bas, site actuel de Fredericton. C'est là qu'il construit cet abri rudimentaire. Durant les années précédant la Révolution américaine, il sert de messager aux gouverneurs de Halifax et de Québec. C'est ainsi qu'en 1773, ayant perdu son épouse, il se trouve à Kamouraska, où il prend pour femme Anne-Marie Levasseur, avec qui il a un fils et trois filles. Revenu à Sainte-Anne, il est témoin de l'arrivée des Loyalistes, qui se voient concéder d'emblée les meilleures terres disponibles. Rappelons que c'est suite à cette migration massive qu'est créée la province du Nouveau-Brunswick en 1784. Jean-Baltazar réussit à conserver sa propriété, bien qu'il n'en obtienne le titre officiel qu'en 1799. À sa mort en 1806, Jean-Baltazar Martin lègue par testament à son fils Jean-Baptiste, la maison et ses dépendances, des champs cultivés et des vergers, quatre boeufs, trois vaches, trois veaux, quatre chevaux, quatorze porcs et vingt moutons. C'est dire que malgré des débuts plus que modestes et des difficultés de toutes sortes, il parvient tout de même à un certain degré d'aisance. Cette maison témoigne de l'époque charnière entre les années de la Déportation et l'émergence des nouvelles communautés acadiennes vers la fin des années 1700, c'est-à-dire à l'époque où la majorité des familles acadiennes reçoivent des titres de propriété des gouvernements de Halifax et de Fredericton. C'est une construction pièces sur pièces, en billots équarris à la hache, aux angles assemblés en queue d'aronde et fixés les uns aux autres au moyen de grosses chevilles de bois. Les dimensions sont plutôt petites (5,5 m sur 7,7 m environ), l'intérieur est d'une seule pièce avec un plancher en terre battue. Sans aucun cloisonnement, elle est éclairée par trois petites fenêtres. Une grande cheminée en pierres des champs occupe le centre d'un des murs et domine l'espace de sa masse imposante. Origine : French Village (près de Kingsclear)


Editeur : Fondation ConceptArt multimédia

Source : Village historique acadien


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