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Volume 10 Numéro 1
La bataille fait rage pendant dix-sept jours.
Adaptation : Fondation ConceptArt multimédia
La bataille fait rage pendant dix-sept jours.
Adaptation : Fondation ConceptArt multimédia

La Bataille de la Restigouche, 1760

Après la chute de Québec, en septembre 1759, les Français envoient à la France une demande urgente de 4000 soldats et de vivres. La France tente alors un dernier effort pour soutenir sa colonie d'Amérique. Partis de Bordeaux le 19 avril 1760, cinq navires marchands escortés par la frégate Le Machault traversent l'Atlantique pour venir à la rescousse de sa colonie. Chargés de 2 000 tonneaux de vivres et de munitions, les 6 voiliers transportent seulement 400 hommes de troupe. Au lendemain de son départ, la flottille doit s'éparpiller afin de contourner le blocus des côtes françaises maintenu par des vaisseaux anglais. L'Aurore et Le Soleil sont arraisonnés par les Anglais. Deux semaines plus tard, Le Fidélité fait naufrage au large des Açores. Le 15 mai, seuls Le Machault, Le Bienfaisant et Le Marquis-de-Malauze atteingnent le golfe du Saint-Laurent. En entrant dans le Golfe, la petite flotte apprend que l'ennemi est maître du Saint-Laurent et que la Baie de Gaspé n'est pas sûre. Le commandant, François Chenard de La Giraudais, prend la décision de se réfugier dans la Baie des Chaleurs en attendant des nouvelles de Québec. Les nouvelIes arrivent finalement : inutile de remonter le fleuve... la capitale de la Nouvelle-France est assiégée. À cette époque, la petite agglomération de Restigouche compte des réfugiés acadiens et quelque 150 familles micmaques. Nourrie et armée par les Français, la population se prépare à livrer bataille avec eux. Ils installent des batteries de tir sur les rives de la rivière et un barrage en travers. De leur côté, les Britanniques dépêchent, de Louisbourg, cinq vaisseaux de guerre commandée par le capitaine John Byron. Devant la supériorité britannique, La Giraudais fuit vers l'intérieur. Il espère que les vaisseaux anglais, avec leur fort tirant d'eau, ne pourront s'engager dans le chenal donnant accès à l'estuaire. La dernière bataille Le 3 juillet, après plusieurs jours de tentatives les Britanniques réussissent à se frayer un chemin. Le Machault doit se replier en amont. On somme les Français de se rendre. Le refus est formel : jamais! L'affrontement qui suit dure plusieurs jours et la bataille est ponctuée de nombreux revirements. Les canons britanniques détruisent les batteries sur les rives, mais non sans que les artilleurs français infligent de lourds dommages aux navires britanniques La bataille fait rage pendant dix-sept jours. Les Français se défendent vaillamment, mais leurs munitions s'épuisent. Le 8 juillet, plutôt que de permettre aux Anglais de s'emparer des navires, deux capitaines décident de les saborder. N'étant pas armé, le troisième bateau, le « Marquis-de-Malauze » n'avait pas participé à l'engagement, mais au cours de la bataille, il prend feu et les flammes le brûle jusqu'à la ligne de flottaison. Il coule ensuite au fond de la Baie, non loin de Restigouche. La fin des espoirs Privée de renforts et de ravitaillement, la Nouvelle-France capitule, à Montréal, le 8 septembre 1760. La nouvelle ne parvient à Restigouche que le 23 octobre. Six jours plus tard, la petite garnison se rend. C'est donc ici que prend fin les espoirs de la Nouvelle-France en 1760.


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