Chronologie

1660 à 1763 - HISTOIRE DE NOUVELLE-FRANCE

1 mai 1660 Adam Dollard des Ormeaux et seize de ses amis se rendent à Long-Sault et attendent les Iroquois qui avaient déclaré la guerre aux Blancs. Ils se barricadent dans les restes d'une palissade abandonnée où ils seront assiégés pendant une semaine. Le groupe d'Iroquois compte environ 300 hommes. Les Hurons font défection et l'eau se met à manquer. Un baril de poudre explose dans la palissade, les assiégés tombent alors aux mains des Iroquois. Neuf des survivants seront torturés à mort puis mangés. 1661 Naissance à Ville-Marie de celui qui deviendra le plus illustre des fils de la Nouvelle-France : Pierre Le Moyne d'Iberville. 16 mars 1661 Depuis peu au pouvoir, Louis XIV charge son ministre Jean-Baptiste Colbert de réorganiser la Nouvelle-France. Désormais, le gouverneur sera nommé par le roi. La fonction du gouverneur est de voir aux relations extérieures de la colonie et de commander l'armée. 1663 Conseil souverain 1663 Un terrible tremblement de terre secoue Québec. Mère Marie de l'Incarnation décrit ce grand séisme dans une des lettres qu'elle envoie à son fils à Paris. 1663 Louis XIV annule le contrat de la Compagnie des Cent Associés car ceux-ci n'ont pas tenu leur promesse d'encourager le peuplement de la colonie. Le roi prend donc directement contrôle de la Nouvelle-France et y établie un gouvernement royal, constitué d'un gouverneur, d'un intendant et du Conseil Souverain. Le plus important ministre de Louix XIV, Jean-Baptiste Colbert, est chargé de voir au bon fonctionnement de la colonie par l'entremise du Ministère de la Marine. La Nouvelle-France est élevée au statut de « province française ». 1663 Arrivée des « filles du roi » (environ 775 femmes). La majorité d'entre elles s'établit à Québec et environ la moitié s'y marie. 1663 Population de la Nouvelle-France : 2 500 Population de la Nouvelle-Angleterre : 80 000 24 février 1663 Louis XIV dissout la Compagnie et rattache la colonie à la Couronne. C'est la fin de 60 ans de compagnies privilégiées. Louis XIV demande des comptes à la Compagnie des Cent-Associés et remarque qu'elle n'a pas rempli son devoir d'assurer la colonisation de la Nouvelle-France. Il dissout la Compagnie et rattache la colonie à la Couronne. C'est la fin de 60 ans de compagnies privilégiées. Mars 1663 Création du « Conseil souverain » qui sera le premier appareil politique de la Nouvelle-France qui a le statut de province française. 26 mars 1663 François de Laval fonde le Séminaire de Québec afin d'y former des prêtres canadiens. Il réussit à faire imposer la dîme pour le soutien des prêtres du clergé. Début de l'été 1663 Arrivée des « filles du roi ». De 1663 à 1673, environ 775 femmes acceptent l'offre du roi de coloniser la Nouvelle-France. La plupart s'établissent à Québec avant leur mariage. Environ la moitié s'y marient puis, après une naissance, elles vont s'installer ailleurs dans la colonie. 17 octobre 1663 Élection de Jean-Baptiste Legardeur de Repentigny, premier maire de Québec. Mai 1664 Louis XIV crée la Compagnie des Indes occidentales qui a le devoir de veiller à la conversion des Amérindiens et a le droit de faire du commerce sur la côte ouest africaine, sur la côte est de l'Amérique du Sud, au Canada, en Acadie et à Terre-Neuve. La compagnie ne survivra qu'une dizaine d'années, sa charte étant révoquée en 1675. 1665 Jean Talon devient intendant de la Nouvelle-France et la colonie connaîtra une période de grande croissance. La même année, Louis XIV envoie le régiment Carignan-Salières en Nouvelle-France pour contrer l'incessante menace iroquoise. Des 1300 soldats qui débarquent dans la colonie, environ 400 décideront d'y rester et d'y fonder famille. 1665 Jean-Baptiste Colbert nomme Jean Talon intendant de la Nouvelle-France (jusqu'en 1668, puis de 1670 à 1672). Ce dernier reçoit « le règlement de la justice, police et finance dans la colonie ». 19 juin 1665 Arrivé à Québec du régiment de Carignan-Salières constitué de mille trois cents hommes dont le but d'envahir l'Iroquoisie. 1666 Ville-Marie (Montréal) compte maintenant 582 habitants! La Nouvelle-France en compte 3215. 1666 Le régiment français de Carignan-Salières de 1 300 hommes défait les Iroquois. Un traité reconnaît la souveraineté du roi de France et assure à la colonie 16 années de développement pacifique. La paix assurée, on licencie le régiment et le roi fait comprendre aux officiers qu'il veut les voir s'établir en Nouvelle-France. 1666 Population de la Nouvelle-France : 3 418 (63 % d'hommes) 1668 Jean Talon demande d'être relevé de ses fonctions d'intendant. Claude de Boutroue d'Aubigny prendra la relève jusqu'en 1670, année où Talon est réaffecté comme intendant de la Nouvelle-France. 1669 Le jésuite Claude Allouez serait le premier Européen à atteindre le lac Michigan. 1669 Louis XIV ordonne que tous les hommes valides de la Nouvelle-France âgés de 16 à 60 ans devront dorénavant faire leur service militaire obligatoire. Chaque paroisse aura dorénavant sa compagnie de miliciens. 1670 Une charte royale britannique établit la Hudson's Bay Company. 1671 François de Laval quitte la Nouvelle-France et part faire pression sur le Vatican pour que soit créé en Nouvelle-France le diocèse de Québec. Il l'obtient en 1674. 1672 Louis Buade de Frontenac 1672 Population de la Nouvelle-France : 6 700 Population de la Nouvelle-Angleterre : 120 000 1672 Suite à des problèmes de santé, Jean Talon quitte définitivement Québec. 7 avril 1672 Louis de Buade, comte de Frontenac, Gouverneur de la Nouvelle-France. Il le restera jusqu'en 1682, puis de nouveau de 1689 et à sa mort en 1698. 1673 Louis Jolliet (né à Québec) et le jésuite Jacques Marquette explorent le Mississippi ainsi que les rivières Missouri et Ohio. Envoyés par l'intendant Talon pour découvrir un passage vers la Mer du Sud, Louis Jolliet (né à Québec) et le jésuite Jacques Marquette explorent le Mississippi ainsi que les rivières Missouri et Ohio. Jolliet connaît une renommée internationale en Hollande, en Espagne, en Allemagne, en Italie, en Angleterre et en France. 17 mai 1673 Louis Jolliet et le père jésuite Jacques Marquette partent découvrir le Mississippi. Ils se rendent jusqu'à la Louisiane d'où ils partent le 17 juillet 1673 pour rentrer en Nouvelle-France. 1674 Érection du diocèse de Québec. François de Laval devient évêque. 1675 Apparition de l'expression « coureur des bois » qui désigne les aventuriers qui parcourent les forêts pour négocier les peaux de bêtes directement avec les Amérindiens. Août 1675 Arrivée en Nouvelle-France d'un nouvel intendant, Jacques Duchesneau de la Doussinière et d'Ambault. 1682 Cavelier de La Salle atteint l'embouchure du Mississippi et baptise le territoire « Louisiane » en l'honneur du roi de France. 1682 René Robert Cavalier de La Salle (*1643 Rouen–†1687) descend le Mississippi jusqu'à son embouchure et prend possession de cet immense bassin au nom du roi de France. L'empire français en Amérique s'étend du Québec jusqu'au delta du Mississippi. 1685 La Nouvelle-France compte maintenant 10 275 habitants (contre environ 160 000 en Nouvelle-Angleterre). 1685 Le Conseil souverain perd son droit de faire des règlements de « police générale » en l'absence du gouverneur et de l'intendant. 1685 La monnaie de carte fait son apparition en Nouvelle-France et sera utilisée jusqu'en 1686 et entre 1689 et 1714. L'intendant Jacques Demeulle, intendant de la Nouvelle-France, autorise la mise en circulation de la monnaie de carte. Jusqu'au XIXe siècle, les pièces de monnaie en usage proviennent de divers pays, au gré des échanges économiques : pièces françaises, anglaises, espagnoles, mexicaines, puis américaines. Les pièces canadiennes ne font leur apparition que dans les années 1810. 1689 Population de la Nouvelle-France : 15 000 Population de la Nouvelle-Angleterre : 200 000 1689 La France et l'Angleterre se déclarent la guerre. De nombreuses attaques des Iroquois envers les Français de la Nouvelle-France font de nombreux massacres. Nuit du 4 au 5 août 1689 Massacre de Lachine. Durant la guerre franco-anglaise, 1500 guerriers iroquois, sous les ordres des Anglais, font une attaque-surprise contre l'établissement de Lachine, sur l'île de Montréal. Ils brûlent 56 des 77 maisons du village, tuent 24 habitants et en capturent environ 90 autres. De ces prisonniers, 46 reviennent dans la colonie, les autres sont torturés et brûlés en Iroquoisie. À partir de 1690 Fortification de la ville de Québec avec l'érection d'une enceinte temporaire composée de onze redoutes reliées par des palissades, en vue de se protéger contre une attaque des colonies anglaises. 16 octobre 1690 Les Anglais, sous les ordres de l'amiral William Phipps, assiègent Québec. Ils organisent l'assaut avec une flotte de trente navires ou davantage, envoyés de la Nouvelle-Angleterre. À 6 h 00 du matin, une chaloupe transporte un émissaire qui vient sommer le gouverneur Frontenac, le commandant des troupes françaises, de se rendre sur l'heure. Frontenac lui donne alors cette célèbre réponse : « Je nay point de réponse à faire a vostre général que par la bouche de mes canons et à coups de fuzil! » 18 au 20 octobre 1690 Les Anglais tentent de bombarder Québec, mais les coups de canon demeurent tous vains. 23 et 24 octobre 1690 Les Anglais négocient l'échange de prisonniers et lèvent l'ancre. Les Anglais seront battus et Québec est sauvé ! 1692 La jeune Madeleine de Verchères soutient courageusement avec deux vieux soldats et quelques censitaires de sa famille une attaque iroquoise sur le fort de Verchères. On assiste à la naissance d'une héroïne, la jeune Madeleine de Verchères, fille du seigneur de l'endroit et alors âgée de 15 ans, qui soutient courageusement avec deux vieux soldats et quelques censitaires de sa famille une attaque iroquoise sur le fort de Verchères pendant plus d'une semaine, jusqu'à l'arrivée des renforts de Montréal. 28 novembre 1698 Décès à Québec de Louis Buade de Frontenac, gouverneur de la Nouvelle-France. XVIIIe siècle La Nouvelle-France du Saint-Laurent est de plus en plus fréquemment appelée le Canada. 12 janvier 1700 Décès à Montréal de Marguerite Bourgeoys. 1701 Lamothe-Cadillac fonde Détroit, un poste militaire. 4 août 1701 Signature de « la Grande paix de Montréal » entre les Français et les Cinq Nations iroquoises, avec la promesse de rester neutre dans d'éventuelles guerres entre Anglais et Français. Ce traité brise presque à jamais la coalition anglo-iroquoise. Le gouverneur Callière accueille 1300 ambassadeurs amérindiens lors de grandioses festivités qui eurent lieu à la mission iroquoise de Sault-Saint-Louis (aujourd'hui Kahnawake). Ce traité permet le développement de nouvelles paroisses et de villages sur l'île de Montréal. 1703 Le Conseil souverain devient le Conseil supérieur. 6 mai 1708 Décès à Québec de Mgr François de Laval. 2 septembre 1711 Échec d'une invasion de Québec par les Britanniques. Les Britanniques mettent sur pied une invasion de Québec et l'amiral Hovender Walker en est nommé commandant en chef. Lorsque l'imposante flotte pénètre dans le Saint-Laurent, sept navires heurtent des récifs et coulent sur la côte nord du golfe, causant la mort de 900 personnes. Le conseil de guerre décide de rebrousser chemin. Pour célébrer l'événement, une église de Québec que l'on avait appelée Notre-Dame-de-la-Victoire en l'honneur de la résistance de Frontenac en 1690, reçoit un nouveau nom : Notre-Dame-des-Victoires. 11 avril 1713 Traité d'Utrecht. Fin de la guerre de Succession d'Espagne par le traité d'Utrecht. Par ce traité, la France cède à l'Angleterre la baie et le détroit d'Hudson, Terre-Neuve, ainsi que l'Acadie (à l'exception de l'île du Cap-Breton). La Nouvelle-France comprend alors l'actuel territoire du Nouveau-Brunswick, du Québec, de l'Ontario, de la vallée du Mississippi et de la Louisiane. La France reconnaît l'occupation britannique de l'Acadie. Les Français et les Acadiens ont droit d'aller s'établir en Nouvelle-France avec leurs biens meubles et leurs effets personnels; ceux qui resteront pourront pratiquer la religion catholique en autant que l'autorisent les lois anglaises. Les autorités françaises incitent les Acadiens à quitter Plaisance à l'extrémité sud-est de Terre-Neuve, aujourd'hui appelé Placentia pour le Cape Breton (nord-est de la Nouvelle-Écosse), mais sans succès. Les Iroquois deviennent malgré eux des sujets britanniques et la France doit s'engager à ne plus molester les Cinq-Nations (les Iroquois). En échange, les pêcheurs français peuvent continuer de pêcher et de faire sécher leurs poissons sur le littoral nord de Terre-Neuve. 1713 L'Acadie est cédée à l'Angleterre. Très rapidement, il devient évident que les nouveaux dirigeants anglais n'ont aucune intention de respecter les libertés des Acadiens. On les empêche de quitter le territoire conquis pour éviter qu'ils aillent s'allier aux forces de la Nouvelle-France. On a également besoin d'eux pour fournir les garnisons anglaises en nourriture. En 1730, le lieutenant Lawrence Armstrong commence à octroyer des terres à des colons bostonnais, mais refuse d'en faire autant pour les Acadiens dont la population s'accroît sans cesse. 20 septembre 1714 Le gouverneur Philippe Rigaud de Vaudreuil décrit à l'intendant Bégon son projet de munir Montréal et Québec de fortifications pour se protéger de nouvelles attaques de la part des Anglais. À Montréal, on décide d'entourer la ville d'un mur de pierre de 14 pieds (4,25 m) de hauteur, flanqué de bastions sur le site appelé aujourd'hui Faubourg-Québec. Il faudra attendre plusieurs avant que les travaux, aux frais des citoyens montréalais, ne soient terminés; ce n'est qu'à la fin des années 1730 que Montréal sera entouré d'un authentique mur de pierre muni de huit portes et d'un fossé profond de sept pieds (2,13 m). Québec sera fortifié dès 1720 aux frais du roi de France lui-même. 1715 Population de la Nouvelle-France : 18 500 Population de la Nouvelle-Angleterre : 434 000 1 septembre 1715 Décès de Louis XIV. C'est son arrière-petit-fils Louis XV âgé de 5 ans, qui lui succédera sur le trône. En attendant, le duc Philippe d'Orléans assume l'intérim jusqu'au 2 décembre 1723. 1718 Fondation de la Nouvelle-Orléans. 1721 Un violent incendie à Montréal détruit la moitié de la ville et environ 130 habitants se retrouvent sur le pavé. À la suite de ce désastre, l'intendant Michel Bégon émet une ordonnance : désormais, les maisons devront être construites en pierre. Parce qu'une telle construction coûte plus cher, les Montréalais moins fortunés vont s'établir à l'extérieur des fortifications, là où ils peuvent construire des maisons de bois. Les faubourgs Québec, Saint-Laurent et des Récollets se développent autour de la ville. 2 décembre 1723 Décès du duc Philippe d'Orléans qui gouvernait la France en attendant la majorité du jeune roi Louis XV qui a maintenant huit ans. Le duc de Bourbon (Louis-Henri de Condé) s'occupe maintenant des affaires d'État. 10 octobre 1725 Décès à Québec du gouverneur Philippe Rigaud de Vaudreuil. 11 juin 1726 Disgracié, le duc de Bourbon cède le pouvoir à l'abbé André-Hercule de Fleury âgé de 73 ans, il est, à vrai dire, cardinal. Louis XV a maintenant seize ans. 1729 Gilles Hocquart devient intendant de la Nouvelle-France. 25 mars 1730 François Poulin de Francheville obtient un brevet d'exploitation du minerai de fer. Les Forges Saint-Maurice sont créées près de Trois-Rivières et constituent la première industrie lourde du Canada. La production commencera en 1738. En 1743, l'État deviendra propriétaire de la compagnie après la faillite personnelle du directeur. À la Conquête anglaise de 1742, la compagnie appartiendra à la Couronne britannique. 1734 Un terrible incendie à Montréal détruit 46 maisons et une vieille église. Une esclave noire du nom de Marie-Joseph-Angélique est trouvée coupable d'être à l'origine de l'incendie et elle est pendue. Suite à ce désastre, l'intendant Bégon ordonne que les maisons devront dorénavant être construites en pierres. 1735 Inauguration du Chemin du Roy sur la rive nord du Saint-Laurent, une grande route de 250 kilomètres qui réunit Montréal et Québec. La construction de cette route a pris quatre ans et comprend 13 ponts. Désormais, on peut voyager à cheval d'une ville à l'autre en 4 jours! Inauguration du Chemin du Roy sur la rive nord du Saint-Laurent, une grande route de 250 kilomètres qui réunit Montréal et Québec. La construction de cette route a pris quatre ans et comprend 13 ponts. Désormais, on peut voyager à cheval d'une ville à l'autre en 4 jours! 1737 Marguerite d'Youville (née Marie Marguerite Dufrost de Lajammerais) fonde la Congrégation des Soeurs de la Charité de Montréal, ou « Soeurs Grises ». La congrégation se dédia aux pauvres et aux démunis. En 1747, elle devient directrice de l'Hôpital Général de Montréal. En 1753, Louis XV approuve et reconnaît officiellement les Soeurs Grises. Marguerite d'Youville fut canonisée par le pape Jean-Paul II en 1990. 1738 Les juifs et les huguenots sont interdits en Nouvelle-France par le roi de France. Une jeune femme déguisée en garçon est arrêtée par les autorités pour avoir menti au sujet de son nom, de son sexe et de sa religion. Esther Brandeau, une jeune femme juive d'environ 20 ans, s'était embarquée pour la Nouvelle-France sous le nom de Jacques La Fargue. Les juifs et les huguenots ayant été interdits en Nouvelle-France par le roi, la jeune femme est renvoyée en France. Il s'agit de la seule présence juive attestée en Nouvelle-France. 1743 Deux des fils de l'explorateur Pierre Gaultier de Varennes et de La Vérendrye (natif de Trois-Rivières), Louis-Joseph et François découvrent les montagnes Rocheuses. La Nouvelle-France s'étend dès lors, de la Baie d'Hudson au Golfe du Mexique (par le Mississippi) et des Rocheuses jusqu'à l'Acadie. Mais c'est là un géant aux pieds d'argile. 1743 Jusqu'en 1758, le père Potier, premier lexicographe du français en Nouvelle-France, rédige son glossaire intitulé « Façons de parler proverbiales, triviales, figurées, etc., des Canadiens au XVIIIe siècle ». Cet ouvrage ouvre une fenêtre fascinante sur la langue de nos ancêtres. 29 janvier 1743 Décès de l'abbé André-Hercule de Fleury âgé de 89 ans. Louis XV, âgé de 32 ans assume maintenant le pouvoir. 1744 François-Xavier de Charlevoix publie son « Histoire et description générale de la Nouvelle-France ». 15 mars 1744 Début de la guerre de Succession d'Autriche et de la guerre entre la France et l'Angleterre. La mort de l'empereur Charles VI d'Autriche (le 20 octobre 1740) engendre une course à la succession, car le défunt n'a pas d'héritier mâle. La France, la Prusse et la Bavière soutiennent les prétentions au trône de Frédéric II, Électeur de Bavière, alors que l'Angleterre accorde son appui à Marie-Thérèse, fille de Charles VI et héritière présomptive. 1749 Construction de fort Rouillé (Toronto). 1749 L'Acadie, maintenant rebaptisée « Nova Scotia », est l'objet d'un nouveau plan de colonisation de la part de l'Angleterre. On envoie 2500 colons anglais, irlandais et allemands. On fonde également Halifax qui deviendra le siège du gouvernement local. Plusieurs Acadiens émigrent vers les terres françaises de l'île Saint-Jean (aujourd'hui l'Île-du-Prince-Edward). 1754 Le lieutenant-colonel George Washington est envoyé avec 120 miliciens au Fort Duquesne (aujourd'hui devenu Pittsburg) par le Gouverneur de la Virginie pour sommer les Français d'évacuer la vallée de l'Ohio. À 22 ans, le lieutenant-colonel George Washington est envoyé avec 120 miliciens au Fort Duquesne (aujourd'hui devenu Pittsburg) par le Gouverneur de la Virginie pour sommer les Français d'évacuer la vallée de l'Ohio. Les Français envoient un jeune officier, Joseph Coulon de Villiers De Jumonville, avec une escorte de 34 hommes, pour gentiment rappeler au lieutenant-colonel qu'il est en territoire français. Sans avertissement, Washington ordonne qu'on ouvre le feu sur les Français alors que De Jumonville fait la lecture de la mise en demeure officielle. Dix Canadiens et De Jumonville sont tués, d'autres sont faits prisonniers. Washington se retire en abandonnant les cadavres scalpés de ses victimes aux loups. Outragés de ce crime, 600 soldats français et miliciens canadiens sous les ordres du capitaine Louis Coulon De Villiers (le demi-frère de Joseph) attaquent à leur tour et Washington capitule, reconnaissant l'assassinat de l'officier De Jumonville avant de battre en retraite. 1754 Population de la Nouvelle-France : 85 000 Population de la Nouvelle-Angleterre : 1 485 634 1755 La déportation acadienne 1755 Le major général Edward Braddock, à la tête de 1200 soldats, attaque le Fort Duquesne mais est défait par les 300 Français et les 600 Indiens qui défendent le fort. Braddock perd la vie tout comme la moitié de ses hommes mais George Washington et Daniel Boone survivent au combat. 28 juillet 1755 Décision de déporter les Acadiens. Sur la recommandation du juge en chef de la Nouvelle-Écosse, Jonathan Belcher, le Conseil exécutif de la Nouvelle-Écosse prend la décision unanime de déporter 15 000 Acadiens au cours de l'été et de l'automne parce ce qu'ils refusent de signer le serment d'allégeance au souverain d'Angleterre, ils ne s'assimilent pas assez vite et ne sont pas de bons sujets britanniques. Ce projet est gardé secret pour éviter que les Acadiens ne s'enfuient avec leur bétail. Le lieutenant-colonel John Winslow affirme lui-même : « Nous avons entrepris de nous débarrasser de l'une des plaies d'Égypte » 1756 Début officiel de la guerre de Sept Ans en Europe, entre la France et l'Angleterre. Le nouveau lieutenant-général des armées, le marquis de Montcalm, arrive en grandes pompes dans la colonie. Il se fait très rapidement une opinion des Canadiens, écrivant qu'il aimerait mieux « perdre une bataille que de la gagner avec l'aide des Canadiens ». 25 janvier 1756 Nomination du marquis Louis-Joseph de Montcalm à titre de commandant en Nouvelle-France. 12 mai 1756 Louis-Joseph de Montcalm arrive à Québec et est le subalterne de Vaudreuil, début de rivalités entre les deux hommes : Montcalm n'aime guère rendre des comptes à Vaudreuil, il ne cherche pas à protéger les frontières avec une rigueur stricte et il ne tient pas à sauver la Nouvelle-France à tout prix, ce que Vaudreuil ne peut accepter, lui qui est né en Nouvelle-France. 29 août 1756 Frédéric II attaque la Saxe : début de la guerre de Sept Ans. Effectifs au Canada : Français alliés aux Autochones : 900 hommes; Anglais 1 850 hommes dont 450 Américains. Décembre 1756 William Pitt (père), Premier ministre de la Grande-Bretagne, est certain que la guerre se gagnera en Amérique et non en Europe. Il propose de conquérir d'abord Louisbourg et Québec; après ces conquêtes, le reste de la colonie suivra. 1757 Sur les ordres du gouverneur Vaudreuil, Montcalm attaque le fort William Henry (Lac George, N.Y.). Il a à sa disposition 6200 soldats, réguliers et miliciens ainsi que 1800 alliés amérindiens. Après trois jours de combat, les 2500 Anglais se rendent. Montcalm désobéit alors aux ordres de Vaudreuil et décide de ne pas attaquer le fort Edward, la porte de la ville d'Albany, qui n'est pourtant qu'à un jour de marche. Vaudreuil est furieux. 1757 Le roi Louis XV autorise Louis-Joseph de Montcalm à mener son armée comme bon lui semble, sans l'accord du gouverneur Vaudreuil. 9 août 1757 Les Français prennent le Fort William-Henry, sur le Lac George. 1758 L'armée anglaise attaque le Fort Carillon. Le major général Abercromby a à sa disposition 16 000 hommes, la plus imposante armée jamais assemblée jusqu'alors en Amérique. Montcalm défend le fort avec 3600 hommes dont un grand nombre de Canadiens et d'Indiens. Heureusement, Abercromby se bat à l'européenne et lance ses troupes contre les abattis d'où les Canadiens les mitraillent sans merci. L'armée anglaise n'en peut plus, tourne les talons et s'enfuit, laissant derrière elle 1944 blessés ou tués. Les Français victorieux ne dénombrent que 377 morts. Cette victoire miraculeuse est célébrée et prend rapidement des dimensions légendaires. Nuit du 7 au 8 juillet 1758 James Abercromby attaque le fort de Carillon. Louis-Joseph de Montcalm remporte la dernière grande victoire française en Amérique. 26 juillet 1758 Capitulation de la forteresse de Louisbourg face aux Anglais dirigés par Jeffrey Amherst. 1759 Après la prise du Fort Frontenac (1758) et du Fort Niagara (1759), les Français brûlent Fort Rouillé et se retirent à Montréal. C'est la fin du régime français sur le lac Ontario. 30 juin 1759 Fermeture des portes de Québec car les troupes anglaises sont débarquées le 27 juin 1759 sur l'île d'Orléans et occupent depuis la paroisse de Saint-Laurent. 9 juillet 1759 Les Anglais passent à l'attaque en lançant des bombes incendiaires qui mettent le feu à plusieurs maisons de la basse ville de Québec et à l'église de Notre-Dame-des-Victoires. Ils occupent la paroisse de l'Ange-Gardien. 12 juillet 1759 Début des bombardements de Québec : la ville sera ainsi bombardée jour et nuit sans arrêt pendant deux mois. 13 septembre 1759 Bataille des Plaines d'Abraham - Les Anglais gagnent, la Nouvelle-France tombe définitivement. 17 septembre 1759 Claude Nicolas Roch de Ramezay, lieutenant du roi de France à Québec, remet la ville de Québec au général George Townshend, successeur de Wolfe. Durant le siège des Anglais à Québec, la cathédrale et l'église Notre-Dame-des-Victoires sont incendiées. 20 septembre 1759 La garnison française quitte Québec; la veille, la dépouille du marquis Louis-Joseph de Montcalm était transportée par bateau en France. 21 septembre 1759 Les habitants de Québec ayant quitté la ville sont autorisés à revenir prendre possession de leurs biens à la condition de prêter un serment de fidélité au roi d'Angleterre. 1760 Montréal capitule. Les Anglais refusent aux troupes françaises les honneurs de la guerre. Lévis brûle ses drapeaux et brise son épée plutôt que de la rendre. C'est la fin de la Nouvelle-France et le Canada devient possession anglaise. 21 avril 1760 L'armée française s'apprête à attaquer les Anglais à Québec, mais alerté par quatre déserteurs, le général Jeffrey Amherst publie une proclamation avertissant les habitants « que l'ennemi se prépare à nous attaquer ». 28 avril 1760 François-Gaston de Lévis remporte une victoire contre les Anglais à Sainte-Foy. Les Anglais sont assiégés. Mais le sort de la victoire sera déterminé par l'arrivée des premiers renforts. Le 9 mai 1760, une frégate anglaise jette l'ancre devant Québec, puis le 15 mai 1760, deux autres la rejoignent. L'effort des Français aura été vain. 8 juillet 1760 Après des combats qui font rage pendant dix-sept jours, les Français perdent la bataille navale de la Restigouche. Plutôt que de permettre aux Anglais de s'emparer de leurs navires, deux capitaines décident de les saborder. 8 septembre 1760 Capitulation de la Nouvelle-France. Les Anglais encerclent les environs de Montréal. Les Français sont moins nombreux, le gouverneur Vaudreuil n'a d'autre choix que d'abandonner la Nouvelle-France au général Jeffrey Amherst. C'est la fin de la Nouvelle-France en Amérique. Lévis ordonne à ses troupes de brûler leurs drapeaux pour se soustraire à la dure condition de les remettre au Anglais. 9 septembre 1760 Les soldats anglais s'installent à Montréal; c'est le début du régime militaire anglais. 23 septembre 1760 Les habitants de Trois-Rivières remettent leurs armes et prêtent serment de fidélité et de soumission à Sa majesté britannique George II. 25 octobre 1760 Décès de George II. Son fils George III accède au trône d'Angleterre. 1763 Suite à une hausse des prix des marchandises par les Anglais, plusieurs milliers d'Amérindiens s'insurgent, désireux de venger leurs alliés et de redonner le territoire au roi de France. Les Anglais se voient obligés de concéder la région des Grands Lacs à Pontiac et à ses alliés. 27 avril 1763 Insatisfait des nouvelles règles de commerce et suite à une hausse des prix des marchandises instaurées par les conquérants anglais, le chef des Outaouais, Pontiac, tente de rallier les Outaouais, les Sauteux et les Renards contre les Anglais. Pendant ce temps, le gouverneur Murray cherche à former une armée de volontaires canadiens-français pour combattre Pontiac. Les tribus amérindiennes organisent en mai 1763 une série de raids sanglants contre les comptoirs de l'intérieur. Le clergé catholique se voit forcé de convaincre les Canadiens-français de se porter volontaires. L'Amérindien est presque totalement écrasé à Détroit. 7 octobre 1763 Une proclamation royale établit le cadre administratif du nouveau territoire britannique. La province de Québec devient une colonie anglaise et ses frontières englobent la péninsule de Gaspé et le bassin hydrographique du Saint-Laurent, depuis l'île d'Anticosti jusqu'à l'Outaouais.